Luciano Rushunda, cinéaste et réalisateur à Bukavu : « raconter nos histoires, c’est reprendre notre pouvoir »
À Bukavu, une nouvelle génération de cinéastes émerge avec une ambition claire : faire du cinéma un outil d’expression, de transformation sociale et de valorisation culturelle. Parmi eux, Luciano Rushunda, artiste cinéaste, auteur et réalisateur, trace progressivement son chemin dans un secteur encore fragile.
Pouvez-vous vous présenter ?Je m’appelle Luciano Rushunda. Je suis artiste cinéaste, auteur et réalisateur basé à Bukavu.

Que faites-vous concrètement dans le cinéma ?Je travaille sur l’écriture de films, la mise en scène des comédiens lors des répétitions, ainsi que la réalisation des projets cinématographiques.

Depuis quand évoluez-vous dans ce domaine ?Je suis cinéaste professionnel depuis 2023. Cela fait maintenant trois ans que je construis ma carrière dans le cinéma.
Quels sont vos projets en cours ?Je suis actuellement en préproduction de mon quatrième court métrage intitulé AGANO, un film expérimental de type drame mystique. Parallèlement, je suis dans une phase de lancement de plusieurs projets récents. Le 28 mars 2026, nous avons lancé Ennemis jurés, un drame social que j’ai coécrit et réalisé avec Dricile Mastaki. Le 10 mai 2026, nous allons lancer Yewande, un drame tradi-moderne de Jocelyne Magadju que j’ai également coécrit et réalisé. À la fin du mois de mai, je prévois aussi la sortie de mon premier long métrage intitulé Accro.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans votre parcours ?Le principal défi reste le manque de producteurs, l’insuffisance de matériel de tournage et l’absence d’espaces adaptés pour la postproduction. Il y a aussi des difficultés liées aux lieux de tournage et au manque d’opportunités de formation professionnelle dans le domaine du cinéma.
Comment faites-vous face à ces contraintes ?Je m’adapte avec les moyens disponibles. Parfois, certains centres culturels nous appuient en facilitant l’accès aux équipements et aux espaces. Mais dans la majorité des cas, je recours à la location et à la débrouillardise pour avancer.
Quelle est votre vision pour les cinq prochaines années ?Je souhaite créer ma propre société de production audiovisuelle. Mon objectif est de contribuer au développement du cinéma dans la région du Kivu, et à terme participer à son industrialisation.
Qu’est-ce qui vous motive le plus ?La confiance que d’autres cinéastes me témoignent. En seulement trois ans, j’ai déjà participé à plus d’une vingtaine de projets, comme réalisateur, assistant réalisateur, scénariste ou technicien. Cela me pousse à continuer.
Quelle est votre plus grande crainte ?Être tellement sollicité dans les années à venir au point de ne plus être disponible pour certains projets.
Quel message adressez-vous à la communauté ?Le cinéma du Kivu a besoin de soutien. Aux téléspectateurs, je demande de regarder et partager les productions locales. Aux décideurs et partenaires, j’adresse un appel à investir dans ce secteur. Le cinéma peut créer des emplois, valoriser notre culture et porter nos histoires au-delà de nos frontières. Raconter nos propres réalités, c’est affirmer notre identité.
À travers son parcours, Luciano Rushunda incarne une dynamique locale en pleine construction, où le cinéma devient à la fois un espace de création, un levier économique et un outil de narration collective.
Joseph LUBUNGAMwangaza Communication



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